Visiter Marrakech, la magie de la ville rouge du Maroc
La première fois qu’il m’a été donné de visiter Marrakech, je devais avoir une quinzaine d’années. Nous étions en roadtrip en famille pour ce voyage sur mesure au Maroc (mes parents, ma sœur et moi) et nous sommes arrivés à Marrakech de nuit. Native d’Oujda, une ville plutôt calme, je m’attendais à traverser des rues endormies, à la recherche d’un gîte pour la nuit. Mais quelle surprise: la ville bouillonnait littéralement. Lumières, circulation, palmiers, kiosques de bouffe, enseignes lumineuses… Tout vibrait. Ma tête d’adolescente en était étourdie!

Ce soir-là, j’ai compris pourquoi les Marocains la surnomment affectueusement l’Bahja, «la joyeuse», et pourquoi tant d’Européens la choisissent pour s’échapper le temps d’un week-end. Vedettes, politiciens, athlètes: tous y ont leurs repères. Certains y construisent même leurs maisons et leurs hôtels.
Marrakech captive le monde entier. Entre la légèreté de ses terrasses et la densité de son passé, elle valse entre plaisir et mémoire, entre faste et désordre et c’est ce qui donne à la ville son souffle unique.
À travers cet article, plongeons au cœur de Marrakech pour tenter de comprendre d’où vient cette fascination qui traverse les époques.
Une ville pensée pour le pouvoir, renforcée par le sacré et une femme
Derrière la fondation de Marrakech, il y a Zaynab Nafzaouia. Cette fille d’un riche marchand reçoit une éducation raffinée dans un environnement lettré et, très tôt, elle se distingue par son intelligence et sa vivacité d’esprit.
Ibn Khaldoun, grand historien du 14ᵉ siècle, en fera le portrait d’une femme d’exception: «Elle dirigeait son mari comme elle l’entendait.», soulignant également sa beauté, son intelligence stratégique et son influence directe sur les décisions de pouvoir.
Sa vie sentimentale fascine autant que son parcours politique. Mariée d’abord au chef tribal Youssef ben Ali, elle est répudiée pour son audace. Elle épouse ensuite l’émir Luqut al-Maghrawi, dont elle hérite la fortune à sa mort. On raconte qu’elle repousse ensuite tous les prétendants, affirmant qu’elle n’accepterait qu’un homme capable de régner sur tout le Maroc.
En 1068, elle épouse le chef Almoravide Abou Bakr ben Omar, auprès duquel elle agit comme conseillère politique et diplomate: elle négocie avec des chefs tribaux, gère des terres, et prend part aux discussions stratégiques autour du pouvoir.
Lorsque Abou Bakr part réprimer une révolte dans le Sahara, il divorce selon la coutume de l’époque et confie le pouvoir et sa femme à son cousin, Youssef Ibn Tachfine. Zaynab l’épouse trois mois plus tard et ensemble, ils forment un duo politique redouté. En 1071, alors que Youssef est en campagne militaire, Zaynab conçoit les plans de Marrakech et à son retour, Youssef conduit l’exécution de son projet.
Tout au long du règne Almoravide, Zaynab co-dirige l’empire: elle assiste aux négociations, conseille sur les alliances tribales, et soutient les décisions d’expansion vers l’Andalousie. D’ailleurs, sous les Almoravides, Marrakech devient le centre politique d’un empire qui s’étend jusqu’en Andalousie! D’ailleurs, un voyage au Maroc s’associe bien avec un voyage en Espagne!

Visiter Marrakech, capitale rêvée des dynasties
Lorsque Marrakech devient capitale sous les Almoravides, elle est pensée comme un centre de pouvoir, et les dynasties successives s’en emparent à leur tour pour y inscrire leur autorité, notamment par les constructions de monuments.
Les Almoravides y construisent les premiers remparts et mosquées. De cette époque, peu de bâtiments ont survécu, mais l’organisation urbaine originelle de la médina leur doit beaucoup. Parmi les très rares témoins encore debout, la Qoubba Almoravide, permet de voir le style architectural de l’époque.
Le 12e siècle: la mosquée de Koutoubia et la kasbah
Ensuite, les Almohades prennent le relais au 12ᵉ siècle et font ériger l’un des symboles de Marrakech: la mosquée de la Koutoubia. Son minaret, haut de 77 mètres, inspirera ceux de Séville et de Rabat. Aujourd’hui encore, elle oriente les regards dès qu’on entre dans la ville.
Au 12ᵉ siècle, les Almohades affirment leur pouvoir en construisant la kasbah, un quartier fortifié qui regroupait le palais royal, une mosquée réservée à la cour et les logements des soldats chargés de protéger le souverain.
La porte monumentale Bab Agnaou en marque encore aujourd’hui l’entrée principale.
Le 16e siècle: le palais El Badi et les tombeaux saadiens
Trois siècles plus tard, au 16ᵉ siècle, le flamboyant sultan saadien Ahmed Al-Mansour, fait ériger le palais El Badi dont la construction mobilise les meilleurs artisans d’Andalousie!
Juste à côté, les Tombeaux saadiens abritent les sépultures de la dynastie dans un décor d’une finesse spectaculaire fait de zelliges, de bois sculpté et de versets ciselés à l’or fin.
Le 19e siècle: le palais de la Bahia et la Ménara
Plus tard, au 19ᵉ siècle, les vizirs du sultan Hassan Ier font construire un autre joyau, le palais de la Bahia. Moins monumental qu’El Badi, mais plus raffiné: 160 pièces, patios ombragés, plafonds peints, mosaïques délicates…
Il devait être le plus beau palais du royaume et il s’explore dans le silence feutré des murs épais, où l’on entend parfois le froissement des djellabas des gardiens.
Enfin, un peu à l’écart de la médina, se trouve la Ménara, vaste jardin d’oliviers aménagé au 12ᵉ siècle par les Almohades, puis réaménagé au 19ᵉ siècle sous les Alaouites.
En son centre, un grand bassin de pierre alimenté par un ancien système d’irrigation. Ce bassin est dominé par un élégant pavillon surmonté d’un toit vert pyramidal qui forme ce qui était autrefois un lieu de repos pour les sultans.

Place Jamaâ El Fna, cœur battant à visiter à Marrakech
Pour commencer votre séjour à Marrakech, parlons de la place Jamaâ El Fna. Depuis le 17e siècle, à la tombée du jour, marchands, amuseurs de foule et acrobates se réunissent à la place Jamaâ El Fna pour se donner en spectacle, une scène unique, perpétuée encore aujourd’hui qui plonge les visiteurs dans une ambiance irréelle.

On y trouve de tout! Des charmeurs de serpents, des liseuses de bonne aventure, herboristes, tatoueuses au henné, arracheurs de dents, conteurs, tresseuses de cheveux… La scène est complétée par un marché de gargotes, une espèce de foire alimentaire de cuisine de rue, qui offre de délicieux mets marocains à petit prix.
La place Jamaâ El Fna est couronnée par plusieurs cafés et restaurants, qui offrent une magnifique vue sur le bouillonnement de l’endroit
Le soir, quand les lampes s’allument, l’air se remplit d’odeurs de grillades et de rythmes de percussions et on y croise autant de Marrakchis que de visiteurs. C’est l’un des lieux que nous faisons découvrir lors de nos visites de ville ou nos balades à pied avec guide local francophone, pour vivre Marrakech au rythme de ses habitants.
Classée au patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, Jamaâ El Fna est un théâtre populaire actif depuis près de mille ans, chaque soir, au même endroit.
Marrakech, ville de l’élégance, de l’art et du design
Guéliz
En quittant la médina par l’avenue Mohammed V, on change de décor vers une ambiance plus urbaine. Bienvenue à Guéliz, le quartier né au début du 20ᵉ siècle sous le protectorat français, et devenu un centre de vie à part entière.
Immeubles art déco, cafés, librairies, concept stores, galeries d’art… C’est ici que s’exprime la Marrakech créative. Nos circuits au Maroc incluent souvent une découverte du quartier de Guéliz, idéale pour ceux qui souhaitent être accompagnés par un guide local afin de mieux comprendre la ville.
En y flânant entre vitrines et rues bordées de jacarandas, on découvre des marques marocaines, des artistes émergents et des lieux de création comme le MACAAL (Musée d’art contemporain africain Al Maaden).
Hivernage, le quartier moderne de Marrakech
Plus au sud, le quartier Hivernage se dessine en larges boulevards bordés de palmiers, auprès d’hôtels chics, de spas et de rooftops en vue. On y croise les invités du Festival international du film de Marrakech, les jeunes couples en week-end et les familles marocaines en sortie du soir.
Jardin Majorelle
Un peu plus loin, au milieu d’un des quartiers résidentiels de la ville, se trouve le célèbre jardin d’artistes, le jardin Majorelle: C’est de là que provient la couleur «Bleu Majorelle» qui rappelle les chèches touaregs.
En 1930, le peintre orientaliste Jacques Majorelle crée un jardin composé d’espèces botaniques aussi rares que diversifiées. Il construit également une splendide villa dont il fait sa demeure principale et son atelier d’artiste.
Le jardin est acheté en 1966 par Yves Saint-Laurent et son compagnon, le célèbre Pierre Bergé, quelques années après le décès de Majorelle. Le célèbre couturier a puisé beaucoup de son inspiration dans la paix et la beauté du jardin, isolé des bruits de la ville et constamment bercé par les chants d’oiseaux.

Un nombre incalculable de palais
Il n’y a pas que le jardin Majorelle qui constitue un régal pour les yeux. Marrakech, l’impériale, abrite de somptueux palais et plusieurs journées peuvent être nécessaires pour profiter de ses joyaux architecturaux.
On visite ses anciens palais convertis en musées, chefs-d’œuvre époustouflants de l’art hispano-mauresque, comme Dar Ssi Saïd et le Palais Bahia.
Koutoubia et les minarets de la ville
Pour terminer, il y a tant de beaux minarets ocres, dont celui de la Koutoubia, qui valent d’être traqués et photographiés.
Marrakech by night: la ville qui ne dort jamais
Cette Marrakech artistique et culturelle cache pourtant un autre visage, celui qui se dévoile à la tombée du jour. En plus d’être une ancienne capitale impériale et favorite des sultans, elle est surtout connue pour son côté festif et son nightlife enflammé!
Au Comptoir Darna, dans l’Hivernage, l’ambiance commence dès 20h avec un souper-spectacle, une des traditions phares de la vie nocturne marrakchie. Les danseuses orientales ondulent parmi les tables et les Gnaouas jouent des castagnettes, laissant des passages aux serveurs qui apportent les assiettes fumantes d’une cuisine internationale raffinée.
L’endroit attire un public varié: couples en escapade romantique, groupes d’amis venus faire la fête, hommes d’affaires qui prolongent leurs réunions. Vers minuit, les tables se poussent, le DJ prend le relais et la soirée bascule en mode club.

Chez Ali joue dans un autre registre. Perdu dans la palmeraie, ce restaurant-spectacle mise sur les représentations du folklore marocain. Parmi les spectacles, celui du Fantasia durant lequel des cavaliers surgissent au galop, et tirent leurs fusils dans un nuage de poudre à canon, avant de repartir sous les applaudissements d’un public un peu étourdi, mais fasciné.
C’est spectaculaire et limite kitsch, mais diablement efficace. Pour ceux qui préfèrent des expériences plus intimistes, notre voyagiste propose de privatiser des riads pour les familles et les petits groupes (10 personnes et moins) et d’y organiser des soirées musicales.
Au Jad Mahal, l’approche est plus raffinée, en proposant une cuisine fusion avant de se transformer en lounge-bar avec des chansonniers. On y vient pour siroter des cocktails et danser jusqu’au matin, car à Marrakech, la fête ne s’arrête jamais.
Hammam marocain et massage berbère
Avant de quitter Marrakech, assurez-vous d’avoir vécu l’expérience d’un vrai hammam traditionnel marocain, suivi d’un massage berbère et d’un bon verre de thé marocain à la menthe!
Alors, mon article vous a donné envie d’explorer Marrakech et d’aller à la découverte de ses secrets et de ses trésors?
Notre agence spécialisée dans les voyages sur mesure peut tout organiser pour vous. Nous avons des équipes locales de chauffeurs privés et de guides locaux francophones, et travaillons avec plusieurs riads et hôtels de charme pour un séjour personnalisé à Marrakech.
Contactez-nous pour en discuter et visiter Marrakech sous les bons conseils de notre équipe!
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